Que devient-on après l’été?

Lorsque la lumière aveuglante du soleil sera disparue, que les perséides se seront éteints, lorsque la nostalgie sera revenue, nos sourires auront-ils une fin?

L’été de toi, de moi, quelque part envolée pour n’y laisser que les traces d’un passé. L’amour moderne dilué derrière les attentes incongrues de la société. On a passé la serpillère sur mes rêves de princesse, on a crée une absence dans le mot «Je t’aime», un regard vide. On a prétendu se connaître, s’appartenir. Et puis le monde au complet m’attendait ailleurs.

Les mèches de cheveux qui volent au vent, l’air salin qui s’étend, la musique joue trop fort, mais sans doute moins que les battements de nos cœurs. L’écho des corps.

Que devient-on après l’été?

Après que nos sentiments aient explosé et que nous fûmes accoutumés à se rapiécer. Les caresses restent-elles ancrées? Les déchirures sont-elles propices à se refermer? On a l’impression de tout détenir, mais au fond rien ne nous appartient. Pas même ta main dans la mienne, ni les promesses dessinées. On efface au fur et à mesure les sentiers crées.

Que devient-on après l’été?

Lorsque j’aurai étalé mes rêves, question d’y mettre un peu d’ordre et aurai soufflé la poussière qui s’y était accumulée. Quelle place auront les tiens lorsque le chaos sera passé? Qu’il y aura un espace blanc dans tout ce chantier, un espace blanc à combler. Alors que le sable entre nos mains aura glissé, que les effluves automnales sauront exister. Que restera-t-il?

Pourra-t-on esquisser quelques utopies pour mieux traverser le froid? Quand les roadtrips seront moins fréquents, que chanter à tue-tête deviendra embêtant; les voiliers ne vogueront plus tranquillement et il faudra clamer la tempête du présent.

L’automne nous attendra avec sa force tranquille; plus étoffée et complète que l’été. L’automne règnera sur nos inquiétudes et laissera filer les craintes accumulées, avec sa lueur pâle et ses rues teintées sépia. Le charme de l’aube, les draps se multipliant, les soirées peuplées d’une ville de lampadaires, les tasses fumantes parmi les arbres mourants propices à mieux renaître, nous laissant ainsi toute l’espace pour mieux vivre.

Que devient-on après l’été?

Nous redevenons nous, comme il a toujours été.

Nadia Morin

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